De nombreuses applications de ville intelligente collectent des données inutiles et, ce faisant, portent atteinte aux libertés des citoyens. C’est l’avis de l’Autorité néerlandaise de protection des données après avoir mené des recherches auprès de douze municipalités. L’adhésion des citoyens semble être une clé du succès dans les applications de ville intelligente, cependant, cela est encore rarement mis en œuvre.

Suivi Wifi, microphones, caméras et autres capteurs. Les municipalités, sous l’égide du surnom de ville intelligente, collectent de nombreuses données dans les espaces publics pour des raisons telles que la gestion des foules, les avis de circulation et le développement de zones virtuelles. Mais, avertit l’Autorité néerlandaise de protection des données, ils ne prêtent pas suffisamment d’attention à la législation sur la protection de la vie privée et n’impliquent pas suffisamment les citoyens dans le processus.

Peut tout faire

C’est l’image qui se dégage à la lecture des recherches menées par l’AP sur l’utilisation des applications de la ville intelligente et si (et dans quelle mesure) les données personnelles des résidents et des visiteurs sont correctement protégées. Pour ce faire, la recherche a porté sur douze municipalités, allant de villes qui se profilent comme des villes intelligentes, à des municipalités moyennes où il n’y a pas d’accent spécifique sur ce sujet.

Voici une vidéo en anglais parlant de la ville intelligente et de la démocratie :

L’avertissement de l’AP n’est pas sans conséquences, car cette mauvaise mise en œuvre des technologies intelligentes peut se faire au détriment de la liberté des résidents et des visiteurs de cette municipalité, affirme l’AP. Par exemple, lorsque les citoyens sont suivis dans les espaces publics d’une manière qui n’est pas nécessaire ou non autorisée. De plus, le règlement général sur la protection des données (AVG) interdit la collecte ou l’utilisation inutile ou non autorisée de données personnelles dans les espaces publics. Par conséquent, les municipalités courent le risque de sanctions, telles qu’une interdiction de traitement des données ou une amende. En d’autres termes, le fait que quelque chose soit techniquement possible ne signifie pas nécessairement qu’il est légalement autorisé.

Conséquences

Presque toutes les municipalités examinées manquent encore de connaissances et d’attention sur les conséquences des applications de la ville intelligente pour les citoyens et les visiteurs, affirment les chercheurs de l’AP. S’il y avait une énorme différence de maturité au niveau de la ville intelligente entre les douze communes, les lacunes semblaient présentes partout. Il manque des cadres sur ce qui est et n’est pas autorisé en termes de collecte et d’analyse de données, la sensibilisation aux conséquences pour les droits et libertés des citoyens n’est pas assez solide et la justification du déploiement de la technologie de données et des capteurs intelligents est souvent mal étayée. Il est donc souvent discutable de savoir si la collecte de données dans le domaine public est licite.

En outre, la nécessité d’une collecte de données, plutôt qu’une solution alternative et plus générale,  n’est souvent pas apparente. S’il n’y a aucune base pour le traitement ou si le traitement des données n’est pas essentiel pour l’objectif déclaré, l’application smart city ne doit pas être utilisée. Déplacer les poteaux de but présente un risque réel qui peut porter atteinte aux droits et libertés des citoyens.

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