Le gouvernement a installé, le lundi 11 janvier, un Conseil national de l’hydrogène composé de 16 membres. Objectif : structurer les échanges entre l’Etat et les acteurs de l’énergie afin de mettre en œuvre la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné. Mais, il existe déjà un hydrogène naturel totalement vertueux.

Dans son plan de relance présenté en septembre 2020, le gouvernement français a annoncé un investissement de 7 milliards d’euros dans la production de l‘hydrogène décarboné, dont 2 milliards d’euros d’ici à 2022. Il s’agira concrètement de décarboner l’industrie, de faire émerger une filière française de l’hydrogène, de développer des mobilités lourdes à l’hydrogène et de soutenir la recherche et l’innovation.

Pour une meilleure mise en œuvre de cette stratégie, le gouvernement a mis en place, le lundi 11 janvier 2021, un Conseil national de l’hydrogène (CNH).

Celui-ci se compose de 16 membres, dont les acteurs de l’hydrogène vert et bleu, comme Philippe Boucly, le président de France hydrogène et Benoît Potier, président-directeur général d’Air Liquide et co-président du Conseil mondial de l’hydrogène.

Il y a mieux dans la croûte terrestre 

Cette instance, qui devra structurer les échanges entre l’Etat et les parties prenantes, et veiller au bon déroulement des actions prévues, tiendra une première réunion dans le courant du mois de janvier afin de faire le premier bilan de la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné.

Selon France Hydrogène, la France a produit en 2020 environ 880.000 tonnes d’hydrogène industriel, principalement à partir d’énergies fossiles (95%). D’ici à 2030, la filière vise 1,35 million de tonnes, avec 52% issues d’énergies renouvelables.

Si la France affiche des objectifs louables, elle pourrait montrer plus d’ambition en donnant aussi sa chance à l’hydrogène naturel. Cette ressource qui se trouve sous nos pieds est totalement vertueuse contrairement à ses copies industrielles à savoir l’hydrogène gris, bleu, turquoise et vert.

Ces dernières années, des géophysiciens ont détecté d’immenses réservoirs d’hydrogène naturel dans de nombreux pays. Parmi lesquels, la Russie, l’Australie, le Canada, le Brésil et le Mali.

L’hydrogène naturel s’épanouit à Bourakébougou 

Dans cet Etat africain, l’exploitation de l’hydrogène naturel est bien avancée grâce à Hydroma, une entreprise créée en 2010 par le milliardaire Aliou Boubacar Diallo. Pionnier de cette nouvelle énergie, il est aujourd’hui invité partout dans le monde pour faire part des travaux de son groupe dans des conférences.

Hydroma a déjà effectué plus de 6000 mètres de forage et identifié 25 puits positifs. L’un  de ces puits est exploité depuis 2012 grâce à une unité pilote installée près du village de Bourakébougou. Hydroma transforme l’hydrogène naturel en électricité propre qu’elle distribue gratuitement aux habitants.

Ce gaz ne rejette aucun CO2, est renouvelable, abondant et ne coûte pas cher. Jusqu’ici, Aliou Diallo a financé les travaux avec ses propres fonds.

Un pipeline pour approvisionner l’Europe 

Constatant le succès du test de Bourakébougou, l’entrepreneur malien a récemment lancé la production à grande échelle d’énergie verte à partir de l’hydrogène naturel. Il compte bientôt construire un pipeline de 4.700 mètres du Mali aux portes de l’Europe, pour approvisionner le Vieux continent.

Selon lui, ce projet est tout à fait réalisable d’autant que l’Europe même est en train de construire 23.000 kilomètres de pipeline pour le transport de l’hydrogène. « Là ils vont transporter un kilo d’hydrogène sur 2500 kilomètres, environ 0,20 cent le kilo. Nous, avec moins de 5000 kilomètres de pipeline, nous pouvons transporter de l’hydrogène à moins de 0,50 cent de l’Euro. Ce qui peut nous permettre d’envoyer notre hydrogène sur le marché européen, tout en restant compétitif par rapport à l’hydrogène gris sur le marché européen aujourd’hui », a-t-il relevé en octobre 2020 dans une interview sur la chaîne Africable Télévision.

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