Au cours des derniers mois, nous avons publié des articles sur la manière dont les 27 pays de l’UE investissent l’argent qu’ils ont reçu via le Fonds pour la relance et la résilience. Dans cet ultime épisode, retour sur la mise en œuvre des plans 2 ans après le lancement de l’instrument par la Commission européenne. Bien que cette série fasse une pause, nous continuerons à suivre les efforts des pays et à rendre compte des nouveaux développements.

Même en supposant que 37 % de chaque plan de relance et de résilience soient consacrés aux investissements climatiques, et en ajoutant l’argent du fonds de cohésion, il y aura toujours un déficit d’investissement important pour atteindre les objectifs de l’UE pour 2030.

La guerre a tout changé

Plus de deux ans plus tard après son lancement, le scénario a complètement changé. Le conflit russo-ukrainien a mis une nouvelle priorité à l’ordre du jour : devenir indépendant du gaz de Moscou. En s’affranchissant de cette dépendance, la Commission a introduit, REPowerEU, le plan européen de fin de dépendance vis-à-vis du carburant russe. De plus, le parlement a voté la mise à jour de sa taxonomie pour les activités durables. La mise à jour comprenait des sources d’énergie fossiles sur la voie d’un avenir sans carbone.

Voici une vidéo relatant ces faits :

Concevoir un instrument tel que le RRF a été une chose positive. Après la crise de 2008, un tel plan n’existait pas, même si de nombreux pays ont été gravement touchés. Le quota d’étiquetage climatique et l’introduction du principe de non-dommage significatif, DNSH, ont été des aspects positifs.

Réglementation non définie

Certains problèmes étaient intégrés dans le règlement lui-même. Le premier concerne les dispositions de la DNSH pour les investissements, qui autorisent par exemple toujours, sous certaines conditions, les investissements liés aux énergies fossiles. Un autre point critique est la définition des investissements verts. Fondamentalement, les dispositions réglementaires sur l’étiquetage climatique étaient trop lâches pour les définir. Pour certaines des dépenses, vous pouvez vraiment vous demander si c’est de l’argent réellement dépensé pour la transition verte.

Le manque de précision de la méthodologie d’étiquetage climatique a laissé les États membres plus libres de planifier. Cela n’a pas nécessairement abouti à des résultats positifs. Sans directives claires et précises sur ce qui était vert et ce qui ne l’était pas, les pays ont planifié des projets qui n’étaient pas nécessairement respectueux de l’environnement. Un exemple vient de la Grèce, avec des millions investis dans des infrastructures grises, des barrages, pour se protéger des inondations, avec des effets potentiellement néfastes sur la biodiversité. De plus, le projet initial slovaque contenait une action pour financer les chaudières à gaz fossile.

Lorsque les plans sont arrivés à Bruxelles, beaucoup de ces idées ont été coupées des plans. La pression des ONG a fait, dans le cas de la Slovaquie, retirer du RRP la mesure sur les chaudières. D’autres pays les ont également inclus dans leurs projets.

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