L’histoire des rhinocéros blancs en Afrique du Sud est une histoire de survie, de menace et d’espoir. Ces animaux majestueux, qui représentent près de 80% de la population mondiale de leur espèce, sont menacés par le braconnage, qui vise leurs cornes pour alimenter le marché noir asiatique. Face à ce fléau, un homme d’affaires sud-africain, John Hume, a eu l’idée de créer le plus grand élevage de rhinocéros au monde, avec l’objectif de les protéger et de les reproduire.

Mais son projet ambitieux s’est heurté à des difficultés financières et à la recherche d’un repreneur. C’est finalement une ONG, African Parks, qui a racheté l’élevage et ses 2000 rhinocéros en septembre 2023.

Un élevage unique au monde

John Hume est un millionnaire sud-africain passionné par les rhinocéros. En 2009, il décide de créer un élevage privé sur 7800 hectares de terrain, situés à moins de 200 km au sud-ouest de Johannesburg. Son but est de sauver les rhinocéros du braconnage en les gardant en captivité et en leur coupant régulièrement les cornes, qui repoussent ensuite. Il espère ainsi réduire la demande pour les cornes sur le marché noir et augmenter le nombre de rhinocéros en les faisant se reproduire.

Voici une vidéo relatant ces faits :

Son élevage devient le plus grand au monde, avec 2000 rhinocéros blancs, soit 15% de la population mondiale de l’espèce. John Hume investit plus de 150 millions de dollars dans son projet, qu’il finance en partie par la vente légale de cornes aux enchères. Il emploie plus de 300 personnes pour s’occuper des animaux et assurer leur sécurité.

Une situation critique

Malgré son dévouement, John Hume se retrouve confronté à des problèmes financiers et logistiques. L’élevage coûte très cher à entretenir et à protéger. Les rhinocéros consomment beaucoup d’eau et de nourriture, et nécessitent des soins vétérinaires réguliers. La sécurité est également un enjeu majeur, car les braconniers n’hésitent pas à s’attaquer aux parcs privés plus vulnérables que les parcs nationaux.

En avril 2023, John Hume annonce qu’il met son élevage aux enchères, espérant trouver un autre millionnaire pour prendre la relève. Mais aucune offre n’est reçue, mettant les rhinocéros en grand danger de braconnage. John Hume lance alors un appel à l’aide aux organismes de conservation et au gouvernement sud-africain.

Une solution inattendue

C’est finalement une ONG qui répond à l’appel de John Hume. African Parks, qui gère une vingtaine de parcs protégés sur le continent africain, annonce le rachat de l’élevage en septembre 2023. L’ONG bénéficie du soutien du gouvernement sud-africain et d’une aide financière de plusieurs donateurs, dont le prince Harry.

African Parks se félicite d’être le nouveau propriétaire du plus grand élevage mondial de rhinocéros en captivité. Son PDG, Peter Fearnhead, explique avoir obéi à une « obligation morale » de trouver une solution pour ces animaux sauvages en déclin. Il précise toutefois qu’il n’avait pas l’intention initiale de reprendre une entreprise d’élevage.

Un nouveau départ pour les rhinocéros

Le rachat de l’élevage par African Parks est une bonne nouvelle pour les rhinocéros blancs, qui sont toujours menacés par le braconnage. En 2022, 448 rhinocéros ont été tués en Afrique du Sud, selon le gouvernement, malgré des mesures anti-braconnage renforcées dans les parcs nationaux.

African Parks a pour objectif de réintroduire progressivement les rhinocéros de l’élevage dans leur milieu naturel, en les transférant vers des parcs protégés où ils pourront vivre en liberté et contribuer à la diversité génétique de l’espèce. L’ONG compte également poursuivre la lutte contre le braconnage, en renforçant la sécurité des parcs et en sensibilisant les populations locales à la valeur des rhinocéros.

L’histoire de l’élevage de John Hume montre que la sauvegarde des rhinocéros blancs est un défi complexe, qui nécessite des moyens importants, une coopération entre les acteurs et une vision à long terme. Mais elle montre aussi que l’espoir n’est pas perdu, et que des solutions existent pour préserver ces animaux emblématiques de l’Afrique.

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