Dix ans après le début des forages, Hydroma est bien avancée dans son projet énergétique. La compagnie fondée par Aliou Diallo vient de lancer la production industrielle de l’électricité verte à partir de l’hydrogène naturel.

Elle s’invite aussi dans l’hydrogène vert, un marché en forte croissance en Europe. Mais Hydroma continue parallèlement ses prospections au Mali et part à la conquête d’autres horizons.

Depuis quelques années, la compagnie malienne Hydroma fait parler d’elle dans le monde de l’énergie. Elle est invitée dans des nombreuses conférences et des rencontres de décideurs pour exposer son projet énergétique, déjà bien avancé au Mali.

En effet, Hydroma a lancé récemment la production industrielle de l’électricité verte à partir de l’hydrogène naturel. Cette importante étape fait suite à l’exploitation, pendant huit ans, d’une unité pilote dans le village de Bourakébougou. La société d’Aliou Diallo s’invite aussi dans l’hydrogène vert avec la construction de vastes champs de panneaux photovoltaïques au Sénégal et au Mali.

Plus de 6000 mètres de forage depuis 2012

Parallèlement, elle poursuit ses forages pour la découverte d’autres puits positifs. Elle en a déjà identifié vingt-cinq, dont un fait l’objet d’exploitation à petite échelle pour les habitants de Bourakébougou. « Nous continuons d’investir au Mali. Depuis 2012 nous avons fait plus de 6000 mètres de forage en partenariat avec des sociétés canadienne, australienne et européenne. Nous avons fait des forages shallows, des forages deep, des forages ultra deep dans le cadre de l’hydrogène. Nous sommes allés jusqu’à plus de 2000 mètres. Nous avons pu comprendre qu’avant d’arriver au socle, il y a cinq réservoirs juxtaposés qui contiennent d’hydrogène », révèle Aliou Diallo dans un entretien accordé à la chaîne Africable Télévision, début octobre.

Dix ans d’investissements tous azimuts

Si elle était pratiquement seule au monde au début des années 2010 à croire aux potentiels de l’hydrogène naturel, Hydroma a été rejoint par d’autres compagnies. L’on note ainsi de nombreux travaux dans une vingtaine de pays qui ont découvert cette ressource. Parmi eux, figurent la Russie, les Etats Unis, l’Australie et le Canada. « Mais toutes ces découvertes n’ont pas encore atteint notre niveau de recherche concernant l’hydrogène naturel. Nous sommes les seuls au monde à investir depuis une dizaine d’années dans la géophysique, la sismique, dans les forages », fait valoir Aliou Diallo.

En plus du terrain, Hydroma a aussi investi le milieu de la recherche scientifique. La compagnie finance une thèse sur l’hydrogène naturel en partenariat avec l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN), aujourd’hui IFP Énergies nouvelles.

C’est d’ailleurs deux professeurs de cet établissement, Alain Prinzhofer et Éric Deville, qui ont propulsé cette ressource dans le monde scientifique avec un ouvrage intitulé : « Hydrogène naturel. La prochaine révolution énergétique ? ». Ce livre raconte la découverte, en quantité suffisante, de l’hydrogène naturel sur les continents. Une hypothèse jusqu’alors rejetée par la communauté scientifique.

« Nous avons compris ce que personne ne sait aujourd’hui sur l’hydrogène naturel »

La thèse financée par Hydroma explique notamment au monde entier comment l’hydrogène se forme, comment il fait sa migration et se stocke dans des réservoirs sous terre, et qu’est ce qui empêche in fine sa migration en surface. « Nous avons compris ce que personne ne sait aujourd’hui sur l’hydrogène naturel. Les scientifiques disaient avant que l’hydrogène naturel n’existait pas, nous avons prouvé le contraire et nous avons même prouvé que le sous-sol peut le stocker et que la migration peut être stoppée vers la surface. Ce qui en fait une source d’énergie considérable pour l’avenir », se félicite Aliou Diallo.

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