Les scientifiques à l’origine de l’avion HY4 à hydrogène se sentent un peu comme les pionniers de l’aviation d’il y a 100 ans qui rêvaient d’avions commerciaux capables de transporter un grand nombre de passagers sur de longues distances. Juste après la Première Guerre mondiale, tout cela ressemblait à de la science-fiction, mais dix ans plus tard, c’était la chose la plus normale au monde.

Dix ans, c’est le délai que Josef Kallo et son équipe du Centre aérospatial allemand (DLR) et de l’Université d’Ulm (également en Allemagne) ont en tête pour leur révolution dans l’industrie aéronautique.

Lorsqu’ils ont fait voler le HY4 pour la première fois dans le ciel pour une démonstration en 2016, l’avion ne pouvait pas faire beaucoup plus que décoller et atterrir. Le vol a duré 15 minutes. Maintenant, avec le HY4 amélioré qui a été présenté vendredi dernier à Stuttgart, quatre personnes peuvent déjà l’utiliser dans deux cockpits, et il dispose d’une licence pour les vols d’essai à travers l’Europe.

2025 et 2030

Kallo pense pouvoir montrer au monde la prochaine percée d’ici trois à cinq ans. Pourtant, l’étape vraiment significative viendra vers 2030 avec un avion de ligne pour 40 à 80 passagers pouvant parcourir 2000 kilomètres de Berlin à Madrid avec un réservoir d’hydrogène vert.

Voici une vidéo présentant ce projet en anglais :

Vendredi, le ministre allemand des Transports Andreas Scheuer a été visiblement impressionné par la start-up H2Fly de Kallo. Ce qui en découle peut changer la mobilité.

Scheuer voit des opportunités en particulier pour le transport sur des distances plus courtes entre les grandes villes. Cette invention donne à l’Allemagne un coup de pouce inestimable dans un secteur hautement technologique.

ZeroAvia

Ce n’est pas tout à fait vrai, car il y a plus d’entreprises qui travaillent sur des avions à hydrogène. Le concurrent le plus direct est ZeroAvia de Grande-Bretagne, qui a construit un avion à hydrogène pour six personnes. Un vol d’essai de 400 kilomètres est prévu ce mois-ci pour leur Piper-M modifié équipé d’une hélice.

Et puis, bien sûr, il y a de gros joueurs comme Airbus. Ils se rendent compte que pour atteindre les objectifs climatiques de Paris, les émissions de CO2 des avions devront être considérablement réduites. Ce qui est la raison pour laquelle ils ont mis en place l’Airbus projet chez Airbus.

Mais Airbus ne consacre pas uniquement son argent à l’hydrogène. Il étudie également les groupes motopropulseurs électriques utilisant des batteries et des cellules solaires. Airbus espère avoir un avion à hydrogène prêt d’ici 2035. Mais tous ces constructeurs ont encore beaucoup de problèmes à surmonter avant cette date.

De nombreux obstacles

Pour commencer, il doit y avoir suffisamment d’hydrogène vert, qui est également abordable. Ce n’est pas le cas actuellement. Des quantités relativement faibles d’hydrogène vert sont produites. De plus, une infrastructure solide fait défaut.

Cependant, des milliards d’euros d’investissements sont prévus dans l’UE pour remédier à ces problèmes dans les années à venir.

Deuxièmement, l’aviation n’est pas le consommateur d’hydrogène le plus évident. Viennent d’abord le transport maritime, le fret routier et les chemins de fer. De grands progrès sont réalisés dans tous ces secteurs. Le favori absolu est le Japon, qui a annoncé la semaine dernière vouloir soutenir l’industrie de l’hydrogène à hauteur de 19 milliards de dollars. Les Japonais veulent tellement d’hydrogène d’ici 2030 que 30 centrales nucléaires peuvent être remplacées.

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