L’Afrique dispose d’un énorme potentiel en termes de production d’électricité solaire qui pourrait largement couvrir l’ensemble des besoins énergétiques de la totalité population. Le gisement solaire du continent noir demeure, pourtant, inexploité.

En cause : le manque d’investissement et l’instabilité économique et politique qui règne sur la grande majorité des Etats africain et particulièrement en Afrique Subsaharienne.

Un potentiel solaire énorme sous-exploité

Le potentiel de production d’électricité solaire en Afrique est évalué à 60 millions de TWh/an (térawattheure par an). Cela représente un potentiel énorme en comparaison au gisement solaire théorique des autres continents, estimé à 3 millions TWh/ an pour l’Europe et 37,5 millions TWh/an pour l’Asie.

La totalité du potentiel solaire de l’Afrique est largement suffisant pour couvrir durablement tous les besoins énergétiques de l’ensemble de la population.

Cependant, pour l’année 2017, la production d’électricité solaire sur le continent africain s’élève seulement à 4,6 TWh.

Le manque d’investissement et l’instabilité économique et politiques, des freins à l’exploitation du gisement solaire

L’Afrique a suivi le mouvement pour la reconversion vers l’énergie solaire avec la multiplication des moyens d’accès au photovoltaïque mais se heurte à des contraintes importantes. Les investissements proposés par les nombreux bailleurs de fonds ne sont pas suffisants pour redresser la situation financière des fournisseurs d’électricité.

Les sociétés productrices d’énergie en Afrique sont, pour la plupart, détenues par les gouvernements. Les crises à répétition résultant de l’instabilité économique et politique, particulièrement fréquentes dans les Etats de l’Afrique subsaharienne, ont de sérieuses répercussions sur les finances de ces sociétés.

Les effets de ces crises sont désastreuses. Les fournisseurs d’électricité font notamment face à la vétusté des équipements et des éléments des réseaux de distribution due à l’absence de fonds à allouer à l’entretien.

Sans compter les pratiques sauvages (raccordements illégaux, vols d’équipements, …) de la population défavorisée et la prépondérance des factures impayées du fait du contexte économique déplorable et de la qualité des services que les consommateurs jugent indésirable.

Un rapport de la Banque Mondiale intitulé « Vers une électricité abordable et des opérateurs viables en Afrique », publié en octobre 2016 affirme qu’une étude menée sur les rapports financiers des compagnies d’électricité de 39 pays d’Afrique subsaharienne, a démontré que 18 sociétés n’ont pas les ressources financières nécessaires pour couvrir leurs coûts d’exploitation et 12 ne parviennent pas à supporter leurs coûts totaux.

La grande majorité des sociétés nationales de production et de distribution d’électricité en Afrique règlent leurs fournisseurs avec au moins une année de retard.

Les coupures d’électricité sont de plus en plus courantes dans les pays concernés par ces enjeux majeurs. Cela affaiblit davantage l’économie. Les entreprises enregistrent des pertes colossales.

Dans un éditorial paru le 29 mai 2020, Hugo Le Picard, chercheur à l’Institut Français des Relations Internationales, avance la solution suivante : « les gouvernements devraient aujourd’hui privilégier l’amélioration de l’efficacité opérationnelle du secteur.

Il s’agit de réduire les pertes techniques et non techniques, d’améliorer la collecte des revenus, de limiter le sureffectif et d’augmenter les tarifs. On peut diviser ces mesures en deux groupes : celles qui sont d’ordre technique et celles qui ont une dimension politique.».

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