Les Pays-Bas ont un vaste programme national de dépistage du cancer du sein. Chaque année, environ 1 million de radiographies du sein sont examinées. Une mammographie est régulièrement examinée par non pas un, mais deux radiologues. De nos jours, les systèmes d’IA sont de plus en plus utilisés pour évaluer les images de mammographie. Et comment ça marche ? Dans de nombreux cas, l’ordinateur peut le faire plus rapidement et mieux qu’un radiologue spécialisé. Le radiologue mammographique deviendra-t-il un jour superflu ? Ou l’ordinateur restera-t-il l’assistant du spécialiste?

Les derniers systèmes d’IA fonctionnent avec des techniques d’apprentissage en profondeur et les résultats s’améliorent rapidement, déclare Ritse Mann, radiologue mammaire à l’hôpital universitaire Radboudumc de Nimègue, aux Pays-Bas. Il est partisan de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans son domaine et l’utilise déjà régulièrement. Un certain nombre de programmes d’IA sont maintenant aussi bons, voire meilleurs, pour détecter les tumeurs sur les mammographies. Nous sommes au bord d’une révolution et on s’attend à ce que l’IA dans la détection du cancer du sein décolle vraiment.

Screepoint médical

À l’heure actuelle, il existe une poignée d’entreprises commerciales dans le monde qui fabriquent des systèmes d’IA pour évaluer les mammographies qui sont déjà aussi bons, voire meilleurs, que le radiologiste mammographique moyen. Une de ces sociétés est Screenpoint Medical, une spin-off de Radboudumc. L’entreprise a développé le programme d’intelligence artificielle Transpara qui permet d’évaluer les mammographies 2D et 3D.

Voici une vidéo en anglais montrant le potentiel de l’IA :

Ce programme est désormais utilisé dans plus de vingt pays et son développement se poursuit à une vitesse fulgurante. Le programme détecte plus d’un quart de tumeurs de plus qu’il y a un an. Mann travaille également avec Transpara au Radboudumc. Les chercheurs font des recherches ensemble. Screenpoint Medical est devenu l’une des entreprises leaders dans ce domaine.

Programme de dépistage du cancer du sein

Aux Pays-Bas, la plus grande proportion de mammographies est de loin réalisée dans le cadre du programme national de dépistage du cancer du sein. Le reste est fabriqué dans les hôpitaux, par exemple, pour une bosse au sein. Cela permettrait d’économiser beaucoup de temps et de ressources humaines si l’ordinateur permettait d’évaluer le grand nombre de mammographies. Mann a déclaré qu’il pouvait lire 300 mammographies par matin, donc ça va assez vite.

Chaque mammographie est revue par deux radiologues, parfois même un troisième radiologue. Malgré cela, il leur manque pas mal de tumeurs. Parfois, c’est parce que la tumeur est très petite. Mais aussi parce que c’est essentiellement un travail fait par des gens et que vous pouvez oublier quelque chose, dit Mann. Si une tumeur est retrouvée chez une femme entre deux tours de dépistage qui a participé à l’étude nationale de dépistage, il s’avère dans un quart des cas que la tumeur était effectivement déjà visible lors du dernier dépistage, mais nous l’avons ratée. C’est un fait douloureux. Mais ça arrive.

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