Le plan de relance portugais, « Recuperar Portugal, Construindo o futuro » (Restaurer le Portugal, bâtir sur un avenir), a été le premier plan présenté devant la Commission européenne. Le 16 juin 2021, le plan a reçu le feu vert : 13,9 milliards d’euros de subventions et 2,7 milliards d’euros de prêts seront débloqués. Le plan portugais, qui compte plus de 300 pages, est conçu autour de trois piliers : la résilience économique, sociale et territoriale, la transition climatique et la transition numérique.

Représentant près de la moitié (45 %) du budget total, l’accent est mis sur les investissements qui augmentent la résilience économique, territoriale et sociale. 16 % supplémentaires sont réservés à la transition numérique et 38 % du budget total sont alloués à la transition climatique. Un pourcentage avec lequel le pays atteint à peine l’exigence de l’UE de 37 %.

La transition climatique

Dans le plan de relance, le gouvernement met l’accent sur les investissements dans la mobilité et l’énergie durables, l’hydrogène, la décarbonisation de l’industrie et l’efficacité énergétique des bâtiments. Les mesures devraient contribuer à atteindre 55 % de la réduction requise des émissions de CO2 d’ici 2030, mais le plan ne précise pas le montant total de réduction de CO2 que ces investissements particuliers devraient entraîner.

Voici une vidéo parlant du projet du Portugal :

Le climat est un enjeu important au Portugal, tant sur le plan social que politique, déclare Sofia Simões. Simões est responsable de l’unité d’économie des ressources au LNEG : le Laboratoire national de l’énergie et de la géologie. Ils sont vulnérables au changement climatique, ils subissent déjà ses effets. Cela en fait un problème urgent.

Inégalité

Au Portugal, les effets du changement climatique frappent de plus en plus fort à la porte. Selon le rapport du GIEC récemment publié, le Portugal fait partie des pays européens les plus vulnérables au changement climatique.

Le pays connaît une sécheresse sans précédent, il n’a presque pas hésité depuis octobre. Le 15 février, l’Institut portugais de météorologie (IPMA) a noté que quatre- vingt-dix pour cent du territoire était dans un état de sécheresse sévère ou extrême. Simões voit que les effets du changement climatique créent des inégalités. Ils ont peur que les personnes qui vivent dans les zones rurales soient celles qui souffrent le plus. Ils tirent leurs revenus de l’agriculture, mais leur approvisionnement en eau s’épuise.

La pénurie d’eau est problématique pour l’eau potable et l’agriculture, mais le Portugal tire également une grande partie de son énergie renouvelable de l’eau. Le pays compte soixante centrales hydroélectriques, qui produisent ensemble 30 % de sa demande énergétique annuelle. En raison de la sécheresse, le gouvernement a dû fermer temporairement certaines de ces usines.

Dépendant de l’énergie

Le Portugal a besoin de dégager des fonds pour lutter contre les effets du changement climatique et rendre le pays plus résilient, des mesures qui ne relèvent pas directement du volet transition verte, mais plutôt de celui de la dimension résilience du plan de relance. Par exemple, 615 millions d’euros ont été réservés pour protéger les forêts des incendies et 390 millions d’euros sont réservés à une meilleure gestion de l’eau.

En 2019, les combustibles fossiles représentaient 75 % de l’approvisionnement en énergie primaire. Le Portugal doit importer tous ses combustibles fossiles, de sorte que l’un des principaux objectifs de la politique climatique réside également dans l’indépendance énergétique. D’ici 2050, le gouvernement veut être dépendant des importations pour pas plus de 19 %.

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