Paris, 17 juin 2020 – Le gouvernement affirme que le plan de relance sur lequel il travaille fera une place inédite à la transition écologique. Le Président déclarait ce dimanche : « Notre priorité est de reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire ».

Réconcilier production et climat : une opportunité pour l’écologie et pour l’économie.

Emmanuel Macron évoque une reconstruction écologique qui réconcilie production et climat  permettant de créer « les emplois de demain». Elisabeth Borne, ministre de l’écologie confirme que : « La transition écologique est la meilleure stratégie. C’est elle qui nous permet de créer des emplois non délocalisables, dans tous les territoires ».

Placer le « Green Deal » au cœur du plan de relance économique permettrait d’une part, la création et la protection d’emplois. D’autre part, cela rétablirait la souveraineté et la résilience de la France, mises en défaut par la crise sanitaire.

« L’enjeu aujourd’hui, c’est d’arriver à concilier cette attente d’écologie avec des inquiétudes qui vont forcément monter sur les conséquences économiques et sociales de la crise. Et là, certains peuvent présenter l’écologie comme une contrainte! Moi, je suis convaincue que l’écologie est au contraire une opportunité » estime Elisabeth Borne.

Principaux axes de la relance

Le Président annonçait ce weekend « un plan de modernisation du pays autour de la rénovation thermique de nos bâtiments, des transports moins polluants, du soutien aux industries vertes ».

Rénovation énergétique

La reconstruction écologique passera par la rénovation thermique des bâtiments. La priorité sera mise sur les bâtiments publics (crèches, écoles, hôpitaux, universités) et sur les Ehpads. « Sur les logements, on attend beaucoup des propositions de la Convention citoyenne sur le climat (qui s’achève le weekend du 20 juin), confie la ministre de l’écologie.

En matière de financement, la Commission Européenne prévoit d’instaurer un mécanisme européen de financement des rénovations. « Une nécessité », pour parvenir à une UE climatiquement neutre et d’une priorité d’investissement claire, où tout le monde est gagnant.

Mobilité propre

Le gouvernement déclare avoir « des ambitions très fortes sur le ferroviaire » et compte accompagner significativement la SNCF. Des mesures mettront l’accent sur les principaux corridors où les passagers et le fret peuvent passer au rail. Au niveau du secteur automobile, un dispositif d’achat de véhicules propres sera mis en place pour réduire les émissions de CO2 et de polluants.

Le plan de relance prévoit également d’améliorer la mobilité urbaine et en particulier les infrastructures cyclables. La Fondation Hulot réclame que le recours à l’enveloppe allouée soit « conditionné aux investissements dans la transformation écologique et sociale, et exclure tout investissement climaticide » tel que « des rocades ou des ronds-points. »

« Vert » l’hydrogène

Le plan gouvernemental veut soutenir l’hydrogène vert, technologie d’avenir pour les transports volumineux, l’industrie et le stockage d’énergie. Un appel à projet franco-allemand est en cours. Ce système vise à réduire l’écart de coût entre l’hydrogène conventionnel et l’hydrogène décarbonisé.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, exprime vouloir « faire de la France la première économie décarbonée d’Europe ». Pour une décarbonisation en profondeur, la relance devrait selon lui se faire en tandem, entre énergies renouvelables et hydrogène.

« Sans une croissance durable du marché des énergies renouvelables, il n’y a pas d’avenir pour l’hydrogène propre en Europe, alors que la technologie de l’hydrogène durable a un rôle crucial à jouer dans la décarbonisation de l’économie ».

Certains défenseurs de l’environnement s’inquiètent de cette attention excessive portée sur l’hydrogène. « La Commission suggère que le gaz et les énergies renouvelables soient utilisés pour produire des quantités massives d’hydrogène, au lieu de recourir aux énergies renouvelables pour procéder le plus rapidement possible à la suppression des combustibles fossiles » souligne Sebastian Mang, de Greenpeace.

Il estime qu’il serait plus judicieux que les fonds soient dépensés en faveur de « solutions dont il est prouvé qu’elles réduisent les émissions, comme la décentralisation des énergies renouvelables, la réduction de la consommation de viande et de produits laitiers, et le recours accru aux transports publics et aux pistes cyclables ».

Emmanuel Macron a assuré qu’il tiendrait compte des préconisations de la Convention citoyenne pour le Climat qui prendra fin ce week-end. Le plan de relance économique vert finalisé sera révélé après l’été. Deux autres chapitres seront consacrés à l’économie circulaire et au secteur agricole.

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